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ZOOM SUR LA CELLULE DE COORDINATION DE SUIVI ET DE REINSERTION (CCSR)

ZOOM SUR LA CELLULE DE COORDINATION DE SUIVI ET DE REINSERTION (CCSR)

Catégories : IPOLICE+    

                             600 ENFANTS EN CONFLIT AVEC LA LOI RESSOCIALISÉS EN 2023

La Cellule de Coordination, de Suivi et de Réinsertion (CCSR) a récupéré, resocialisé et réinséré 600 enfants en conflit avec la loi, communément appelés ‘’enfants microbes’’, en 2023. Ils ont été récupérés dans le District d’Abidjan, les communes de Bouaké, Korhogo, Man et San Pedro. Ces bénéficiaires du Projet de resocialisation des enfants en conflit  avec la loi ont suivi le stage de resocialisation au Centre de la CCSR sis à Ouokoukro, dans la commune de M’Bahiakro, en deux vagues. La première vague, composée de 301 pensionnaires, y était du 18 février au 19 avril. Tandis que la seconde, forte de 299 pensionnaires, y a séjourné du 15 juillet au 16 septembre. Elles constituent respectivement les 11e et 12e vagues de pensionnaires que ce centre a accueillis depuis 2016.
Comme les précédentes, la rentrée et la sortie de chacune de ces vagues ont mobilisé de nombreuses autorités administratives, politiques, militaires et traditionnelles conduites par le préfet de M’Bahiakro, Diomandé Cyril Ambroise, autour de la coordonnatrice de la CCSR, Mme Ouattara Manignan et son équipe. A chacune de ces occasions, les autorités ont conseillé aux nouveaux pensionnaires de mettre en pratique ce qu’ils ont appris pendant leur resocialisation, surtout en termes de civisme, de citoyenneté et de respect de la vie humaine. Madame Ouattara Manignan et ses invités les ont appelés avec insistance à tout mettre en œuvre pour ne plus être un problème de sécurité pour les populations.
Placée sous l’égide du Conseil National de Sécurité (CNS), la CCSR a une mission sécuritaire. Elle vise à amener les mineurs, adolescents et jeunes âgés de 9 à 25 ans, qui agressent les populations à l’aide d’armes blanches, à tourner le dos à la violence et aux agressions et à ne plus être une menace pour la sécurité des populations, d’une part. D’autre part, la CCSR a pour objectif de réinsérer durablement ses bénéficiaires dans le tissu socio-économique.
De 2016 à décembre 2023, ce sont plus de 2 800 enfants en conflit avec la loi que la CCSR a récupérés, resocialisés et réinsérés. Elle accomplit cette mission avec le concours technique de partenaires que sont : la Gendarmerie à travers le Groupe d’instruction et de perfectionnement de la gendarmerie nationale (GIP-GN), la Croix bleue de Côte d’Ivoire (CBCI), des Educateurs spécialisés (ES) du ministère de la Femme, de la Famille et de l’Enfant (MFFE) et du privé, des Psychologues de l’Institut National de la Santé Publique (INSP), une équipe du Service de Santé Scolaire et Universitaire, Santé des Adolescents et Jeunes (SSSU-SAJ) de M’bahiakro et des animateurs alpha du ministère de l’Education Nationale et de l’Alphabétisation.
Grâce à la resocialisation conduite par la CCSR et aux actions de sécurisation menées par la Police nationale, notamment à travers les ‘’Opérations Epervier’’, les agressions jadis attribuées aux enfants en conflit avec la loi ont connu une nette réduction partout en Côte d’Ivoire en général, et à Abidjan en particulier, pour le grand bonheur des populations.


                                ECOLE DES PARENTS : FORMER A UNE MEILLEURE PARENTALITE

Pendant que les pensionnaires sont au Centre de resocialisation, la Cellule de Coordination, de Suivi et de Réinsertion (CCSR) entretient leurs parents à travers ‘’L’Ecole des Parents’’. Il s’agit de rencontres hebdomadaires où des éducateurs spécialisés apprennent la «parentalité bienveillante’’ aux auditeurs, explique la psychopédagogue Madame Berthe Odile Pohann, coordonnatrice de ladite école. ‘’L’Ecole des Parents’’ se déroule ainsi aussi bien à Abidjan qu’à Bouaké, Korhogo, Man et San-Pedro d’où des enfants en conflit avec la loi communément appelés ‘’enfants microbes’’, ont été retirés et envoyés en resocialisation à M’Bahiakro. 

«Alors que le stage de resocialisation permet la transformation des pensionnaires, l’Ecole des Parents permet la transformation de leurs parents», confie Madame Ouattara Manignan, Coordonnatrice de la CCSR. «A ces rencontres, les éducateurs spécialisés apprennent aux parents à corriger ce qui ne marche pas avec leurs enfants. Ainsi, enfants et parents transformées, les acquis de la resocialisation ont plus de chance d’être préservés le plus longtemps possible», estime la coordonnatrice.   

«Il ne faut pas condamner les parents de ces enfants», défend Madame Berthe Odile Pohann. Pour elle, «ils n’ont pas démissionné. Ils sont plutôt désespérés et ont besoin qu’on les aide à la parentalité bienveillante. C’est ce que la CCSR fait avec  eux à travers ‘’L’Ecole des Parents’’. Selon ses explications, ‘’L’Ecole des Parents’’ vise à amener les parents à pardonner à leurs enfants mais aussi à leur demander pardon, à croire qu’ils peuvent revenir sur la bonne voie, à comprendre que la resocialisation peut les transformer, les changer, soutient-elle.  

A ‘’L’Ecole des Parents’’, révèle la psychopédagogue, «nous demandons aux parents de sortir de la considération qui consiste à dire que ces enfants leur font honte, qu’ils portent atteinte à la dignité et à l’honneur de leurs familles. Nous les amenons à comprendre que les enfants sont plutôt en souffrance et qu’il faut les aider à s’en sortir, par l’amour, l’affection, la considération, le respect». Et grâce à ces enseignements, se félicite Madame Berthe Odile Pohann, «les parents sont devenus humbles, courtois, attentionnés vis-à-vis de leurs enfants». 

Quand le parent transformé par ‘’l’Ecole des Parents’’ et son enfant transformé par la resocialisation se rencontrent, «il y a nécessairement de nouveaux rapports basés sur l’amour, la confiance mutuelle, l’affection. L’enfant se sent désormais en sécurité, à l’abri des injures, des frustrations et des humiliations», soutient Madame Pohann. Pour elle, cela explique la chaleur et l’ambiance festive avec lesquelles les parents accueillent leurs enfants à leur retour du centre de resocialisation. 

«L’Ecole des Parents’’ m’a beaucoup aidé à abandonner la violence vis-à-vis de l’enfant. Au fait, avant ‘’L’Ecole des Parents’’, j’étais violent avec lui ; parce que dire les mêmes choses à un enfant qui fait autre chose, ça énerve. Il m’était difficile de me maitriser. Mais ‘’L’Ecole des Parents’’ nous a appris des approches qui me permettent de ne plus me mettre en colère. A ces rencontres, j’ai appris les bonnes manières pour encadrer les enfants», salue K I, père d’un bénéficiaire à Abidjan.  «J’avais le cœur blessé par le comportement de mon fils avant son départ pour la resocialisation. Et je le traitais forcément avec colère. Mais avec ‘’L’Ecole des Parents’’, j’ai appris d’autres approches contraires à la colère. Et je constate que ça marche parfaitement, depuis son retour. Nous sommes devenus amis. ‘’L’Ecole des Parents’’ a vraiment apaisé ma colère. Franchement, sans cette école, même si mon fils revenait de la resocialisation, je sais que ce serait toujours compliqué… Mais avec ‘’L’Ecole des Parents’’, la colère est désormais derrière moi. J’ai le cœur apaisé et tout va bien de nouveau avec lui», confie également A. L., mère d’un autre bénéficiaire, également rencontré à Abidjan.  

«Avec ‘’L’Ecole des Parents’’, j’ai beaucoup appris. Je plaide pour que la RTI consacre une émission à ‘’L’Ecole des Parents’’ ; même si c’est une fois par mois, ça va servir aux familles. J’ai compris avec ‘’L’Ecole des Parents’’ que mon enfant a dévié parce que je ne savais pas certaines choses», déclare F. A, à Bouaké. «Avec ‘’L’Ecole des Parents’’, nous avons bénéficié de beaucoup de bonnes choses en matière d’éducation de nos enfants. Mais et les parents dont les enfants n’ont pas fait la resocialisation ? Je souhaite que le Gouvernement étende ‘’L’Ecole des Parents’’ à toutes les familles de Côte d’Ivoire. C’est une formation très utile dans l’encadrement des enfants», plaide pour sa part M. S, à Bouaké. En 2023, ‘’L’Ecole des Parents’’ a mobilisé 275 parents de bénéficiaires de la CCSR à Abidjan, et 747 à Bouaké, Korhogo, Man et San-Pedro ; soit un total de 1 022 parents.


                                  LA TOUCHE DU 1ER BATAILLON DU GENIE DE BOUAKE

Dans le cadre de la formation de ses bénéficiaires en vue de leur réinsertion durable, la Cellule de Coordination, de Suivi et de Réinsertion (CCSR) a tissé un partenariat avec le 1er Bataillon du Génie de Bouaké (BG). Les sapeurs se chargent de former les bénéficiaires sortis du centre de resocialisation de Ouokoukro (commune de M’Bahiakro), aux métiers du BTP (Bâtiments-travaux publics). Les militaires ont ainsi formé 557 bénéficiaires du Projet de resocialisation des enfants en conflit avec la loi, en 2023. 

Après le stage de resocialisation à Ouokoukro, ils ont été admis au 1er BG en trois promotions successives. Ainsi, la première vague, d’un contingent de 150 bénéficiaires, y a séjourné du 18 janvier au 18 mai. Quand la deuxième promotion, forte de 196 ex-enfants en conflit avec la loi, a été formée par les militaires, du 19 juin au 19 août. La troisième et dernière vague des bénéficiaires de la CCSR, composée de 211 stagiaires, a été accueillie au 1er BG, le 2 octobre ; et elle en est partie, le 22 décembre. 

Avec les militaires, les stagiaires sont formés dans les domaines suivants : l’électricité-bâtiment, le carrelage, la soudure, la plomberie, la peinture en bâtiment, la climatisation-bâtiment, la menuiserie et la maçonnerie. Des pensionnaires de la première vague ont même été formés à la conduite d’engins. 

Selon la coordonnatrice de la CCSR, Mme Ouattara Manignan, la formation des bénéficiaires par le 1er BG répond à la volonté du Conseil National de Sécurité (CNS) de rendre cette formation plus crédible, de faire des bénéficiaires des artisans compétitifs sur le marché et de leur offrir un meilleur lendemain. D’autant plus qu’au terme de chaque stage, ils reçoivent des parchemins qui attestent qu’ils ont été formés par les sapeurs dont le sérieux n’est plus à démontrer. Ce sont donc des stagiaires bien formés qui, après leur sortie du 1er BG, peuvent solliciter avec succès les entreprises spécialisées dans le BTP. 

La cérémonie de sortie de chacune de ces promotions s’est faite dans une ambiance de fête. Outre les parents des stagiaires en fin de formation, elle a rassemblé des autorités administratives, militaires, policières et traditionnelles de la Région de Gbêkê. A chacune de ces cérémonies, le représentant du chef d’Etat-major général des armées, le chef du bureau Actions sociales des armées, le colonel-major Mockey David, le chef de corps du 1er Bataillon du Génie, le lieutenant-colonel Adama Bakayoko et la coordonnatrice de la CCSR, Madame Ouattara Manignan, ont demandé aux stagiaires de prendre au sérieux les métiers qu’ils ont appris. Au nom de ses camarades, le porte-parole de chaque promotion a traduit leur reconnaissance aussi bien à la CCSR qu’au 1er Bataillon du Génie. Auréolés de leur attestation de formation, ils ont pris l’engagement de s’investir dans leur métier pour en vivre dignement. 

Sous la supervision des formateurs, chaque vague a réalisé un chantier-école au 1er BG. Ainsi, la première promotion a construit et équipé le bureau de la directrice de l’école maternelle du camp. Tandis que la deuxième vague a construit le poste de contrôle et réhabilité un bloc sanitaire. La troisième promotion, elle, a doté le camp d’un bâtiment de 3 chambres équipées. 

Si la promotion sortie du 1er BG le 22 décembre attend que les fêtes de fin d’année passent pour être mis au travail, les deux premières promotions, elles, sont déjà en activité. Ainsi, certains de ces bénéficiaires sont réinsérés avec l’appui de plusieurs partenaires de la CCSR, notamment SAMA BTP, KOIRA BTP, INTERBAT CI, SOCIETE RAZEL, GLOBAL MAP BTP / COUTURE, VMTD, ETYB, UNIE BTP et DRABAT CI. Tandis que d’autres sont en stage de perfectionnement chez des particuliers. D’autres bénéficiaires de la CCSR, stabilisés par le stage de resocialisation ont retrouvé le chemin de l’école, comme certains de leurs camarades des vagues précédentes. Quant aux tout-petits âgés de 9 à 13 ans, ils sont placés dans des centres d’accueil où ils poursuivent leur adaptation sociale. L’objectif premier de cette réinsertion est d’occuper sainement les bénéficiaires de la CCSR et qu’aucun d’eux ne redevienne une menace pour la sécurité des populations. 


     REGRESSION DU PHENOMENE DES ‘’ENFANTS MICROBES’’ : DES LEADERS DE COMMUNAUTE TEMOIGNENT

A Abobo, Gonzagueville comme à Korhogo, des leaders communautaires sont unanimes pour dire que les attaques à la machette se font rares aujourd’hui. 

ESSOH LATH AIME, CHEF CENTRAL DE GONZAGUEVILLE, CHEF CENTRAL DES ADJOUKROU DE PORT-BOUËT : 

« NOTRE QUARTIER ETAIT VRAIMENT MOUVEMENTE »

A une époque pas très lointaine, la situation sécuritaire était grave à Gonzagueville, à cause des enfants dits ‘’microbes’ qui occupaient totalement notre quartier. Ils agressaient les gens dans toutes les rues, dans tous les secteurs. Notre quartier était vraiment mouvementé. A mon niveau, il y a eu beaucoup de plaintes des populations. En tant que chef, j’ai assisté à plusieurs rencontres avec les commissariats de la commune sur le sujet. Et la police s’est mise à la tâche. En plus et surtout, la CCSR s’est déployée à Gonzagueville et la plupart de ces agresseurs ont été récupérés et envoyés en resocialisation à M’Bahiakro. Et nous voyons qu’à leur retour, ils apprennent des métiers : menuiserie, soudure, maçonnerie, couture etc. Voilà comment le calme est revenu chez nous. Aujourd’hui, ça va. Mais nous continuons de collaborer avec la police surtout dans la lutte contre les fumoirs. Pour ce qui concerne la CCSR, nous continuons de lui signaler les cas d’enfants qui sont dans le phénomène et qui ne sont pas encore allés à M’Bahiakro. Je voudrais remercier le Président de la République, Alassane Ouattara, qui a autorisé la création de ce projet très salutaire pour les populations que nous sommes et le prier de le maintenir. 

TOURE ROKIA, EPOUSE DEMBELE, PRESIDENTE DE L’ASSOCIATION PAIX ET COHESION SOCIALE D’ABOBO : 

« AUJOURD’HUI, ON PARLE DE MOINS EN MOINS DES ‘’MICROBES’’ »

Je me rappelle qu’à cause des ‘’enfants microbes’’, c’était trop compliqué à Abobo. Il fut un temps où les femmes ne pouvaient même pas aller au marcher. Même les garçons avaient de la peine à sortir, à cause des agressions à la machette. Il y a eu un moment où ces enfants entraient dans les maisons pour agresser les habitants et emporter ce qu’ils y trouvaient. Ça n’allait vraiment pas. Et dire qu’il s’agissait de nos propres enfants. On ne savait pas quoi faire. On a eu des cas d’enfants qui ont abandonné l’école pour les fumoirs et les agressions à la machette. La situation faisait peur. 

Et puis le projet de la CCSR est venu comme un messie pour envoyer ces enfants en resocialisation à M’Bahiakro. A leur retour, certains ont repris le chemin de l’école quand d’autres sont en train d’apprendre des métiers. Dans tous les cas, nous constatons que les agressions ont vraiment diminué. Aujourd’hui, on parle de moins en moins des ‘’microbes’’. Au nom de mon association, je remercie le Président de la République, Alassane Ouattara et la CCSR pour la solution qu’ils ont trouvée au problème de ces enfants. Mais il y en a encore qui sont dans le phénomène. Il ne faut pas oublier de les envoyer aussi à M’Bahiakro. Car il y a des moments où ils se signalent.   

KONE SINALY, CHEF DU QUARTIER AHOUSSABOUGOU, KORHOGO : 

« C’ETAIT COMPLIQUE » 

Il fut un moment où il était très risqué de sortir à Ahouassabougou, à cause des enfants qui agressaient avec des machettes, des couteaux, des cailloux, des gourdins. De jour comme de nuit, ils agressaient. Ils étaient nombreux. A Korhogo, ils s’étaient auto baptisés ‘’Clubs des couteaux’’. Les plus redoutables étaient au quartier Koko et ici à Ahoussabougou. Ils s’attaquaient entre eux et ils agressaient aussi les populations. Ils agressaient et les femmes, et les hommes. Vraiment c’était compliqué. Mon bureau et moi étions régulièrement saisis par nos populations. 

Aujourd’hui, grâce à la CCSR et à son projet de resocialisation, beaucoup de ces enfants ont été pris et envoyés à M’Bahiakro. Et quand ils sont revenus, ils apprennent des métiers. Depuis lors, il y a une très grande amélioration en matière de sécurité dans le quartier et je peux même dire partout à Korhogo. Nous avons retrouvé la paix. Mais il faut aussi saluer la police qui a beaucoup traqué ces enfants. Au nom des populations de notre quartier, je remercie le Président Alassane Ouattara et le gouvernement qui ont pensé à nous à travers ce projet de la CCSR. Mais nous savons que tous les enfants qui étaient impliqués dans ce phénomène n’ont pas encore été traités. C’est pourquoi je souhaite que le projet de resocialisation se poursuive et prenne en compte ceux qui attendent encore. 


                                          LA POLICE SALUE L’ACTION DE LA CCSR

« Aujourd’hui, on reçoit de moins en moins de plaintes liées aux agressions à la machette perpétrées par les enfants en conflit avec la loi. Ces cas sont de moins en moins signalés au niveau de la police ». Propos du commissaire de Police de 1re classe, Bégromissa Alain Cauffmann, Chef de service des enquêtes générales à la préfecture de Police d’Abidjan, rencontré à son bureau, le 30 novembre 2023. « Quand on compare le nombre d’agressions à la machette perpétrées par ces enfants de 2016 à 2019 à celui de 2020 à 2023, on constate une nette régression », a-t-il souligné. Et «la resocialisation faite par la Cellule de Coordination, de Suivi et de Réinsertion (CCSR) a vraiment joué un rôle important dans la régression de ces attaques. Elle y a effectivement pesé beaucoup », a salué l’officier supérieur de police. 

Les enfants en conflit avec la loi sont ces enfants, adolescents et jeunes âgés de 9 à 25 ans, organisés en bandes, qui agressent les populations à l’aide d’armes blanches, notamment les machettes, couteaux, fourchettes, ciseaux etc. Le phénomène a fait son apparition en Côte d’Ivoire, au lendemain de la crise post-électorale, dans la commune d’Abobo.  Puis, très vite, il s’est répandu dans les autres communes d’Abidjan et même à l’intérieur du pays. Pour y faire face, le Conseil National de Sécurité (CNS) a instruit la CCSR de procéder à leur resocialisation. Cela consiste à les récupérer, les rééduquer dans un centre dédié (M’Bahiakro), les former à des métiers et les réinsérer dans le tissu socio-économique. Le but de la resocialisation est que ces enfants ne soient plus une menace pour la sécurité des populations. En le faisant, la CCSR est au cœur de la lutte contre le phénomène des ‘’enfants microbes’’. « La resocialisation a porté ses fruits. Elle a vraiment joué un rôle important dans la régression des attaques à la machette », souligne le commissaire Bégromissa. Et tandis que la CCSR mène cette resocialisation, la police nationale conduit la répression, notamment à travers les opérations ‘’Epervier’’. 

Dans la lutte contre ce phénomène, la CCSR indique à la police les lieux de prédilection de ces enfants dont elle a connaissance. Et dans le processus de resocialisation, le service des enquêtes générales de la préfecture de Police d’Abidjan procède à la certification, à la validation des fiches d’enfants identifiés par la CCSR, avant leur départ pour le centre sis à M’Bahiakro. Dans cette lutte, «la Police nationale et la CCSR ont eu une franche collaboration. Et cela a donné des résultats probants. Le bilan de cette collaboration est positif », se félicite l’officier supérieur de police. « Il faut perpétuer cette collaboration, ce travail en synergie », a souhaité le commissaire Bégromissa Alain Cauffmann.


                 DON DE SANG : LA CCSR OFFRE 271 POCHES AU CNTS DE BOUAKE

Une opération ‘’Don de sang’’ initiée par la Cellule de Coordination, de Suivi et de Réinsertion (CCSR) a permis à l’antenne du Centre National de Transfusion Sanguine (CNTS) de Bouaké, de collecter 271 poches de sang auprès des bénéficiaires de la CCSR. 147 poches ont été recueillies au Centre de resocialisation de la CCSR à Ouokoukro et 124, au 1er Bataillon du Génie de Bouaké, respectivement les 9 et 10 août 2023.  

«En cette période de saison des pluies où on assiste à une recrudescence du paludisme chez les enfants, et dans une région où on se bat pour faire chuter le taux de décès maternels, surtout les décès liés aux complications hémorragiques de l’accouchement, avoir à collecter 271 poches de sang qu’on va traiter et mettre à la disposition de la population et des services de santé, est une véritable bouffée d’oxygène pour le CNTS», a salué Docteur  Biérou Bodé Thomas, directeur du CNTS de Bouaké, présent au 1er Bataillon du Génie. 

L’opération s’est déroulée les 9 et 10 août 2023, à Ouokoukro puis Bouaké. Elle a été lancée le 9 août, au Centre de resocialisation de la CCSR sis à Ouokoukro, dans la commune de M’Bahiakro, par la Responsable de la Resocialisation et du Suivi, Madame Annick Assoh, au nom de la coordonnatrice de la CCSR, Madame Ouattara Manignan. 

Au Centre de resocialisation, l’équipe de l’antenne du CNTS de Bouaké était conduite par le docteur Marius Gonto. Ici, l’opération a mobilisé 126 pensionnaires, 12 gendarmes, 5 éducateurs spécialisés, 3 membres du staff de la CCSR et 1 psychologue. 

Après Ouokoukro, elle s’est déployée au 1er Bataillon du Génie de Bouaké, le 10 août. Là aussi, elle a été bien accueillie par les pensionnaires. Dans ce camp militaire, 123 pensionnaires et un militaire ont effectivement donné leur sang à l'équipe du CNTS conduite par Saï Godé Marius. 

Au nom de la coordonnatrice, Mme Annick Assoh s’est réjouie de «la forte mobilisation des pensionnaires» autour de ladite opération. «Hier, verseurs de sang, destructeurs de vies ; aujourd’hui, donneurs de sang et sauveurs de vies», a-t-elle lancé aux pensionnaires, à Ouokoukro. Elle soulignait et saluait ainsi le changement positif que le stage de resocialisation a opéré en eux. «Mon vœux le plus cher est que ce sang collecté soit effectivement utile» à ceux qui en auront besoin, a déclaré Mme Assoh.  

«Donner son sang permet de sauver des vies humaines… Voir nos stagiaires, pensionnaires de la CCSR, contribuer à sauver des vies, pour nous, c’est une grande satisfaction», a estimé pour sa part le lieutenant-colonel Koffi Roméo, commandant en second du 1er Bataillon du Génie et directeur de stage. «C’est un acte de vie et ce genre d’activités devrait se poursuivre avec les promotions à venir», a-t-il ajouté.  

Comme tous leurs camarades, les pensionnaires Loukou Cheik, Achi Jean-Marc, Bamba Aboubakar, Yéo Fabrice, Diakité Arouna et Coulibaly Sié ont dit avoir volontairement donné leur sang et souhaité qu’il sauve effectivement des vies.   


                                         Pascal SORO, Spécialiste des Relations Presse et Médias, CCSR

 

Auteur : Logo Ipolice Mag
Publié le mardi 16 juillet 2024

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